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GB-Starmer dévoile une enveloppe de £15 milliards pour la défense
information fournie par Reuters 30/06/2026 à 15:50

par Sarah Young et Elizabeth Piper

Le Premier ministre britannique démissionnaire Keir Starmer a dévoilé mardi son plan d’investissement au profit du secteur de la défense, une enveloppe de 15 milliards de livres sterling (17,40 milliards d'euros) pour la sécurité de la Grande-Bretagne.

Qualifiant le projet d'"héritage" alors qu'Andy Burnham s'apprête à lui succéder, Keir Starmer a déclaré que le plan avait été affiné afin de dépasser les objectifs initiaux, jugés insuffisants par l'ex-ministre de la Défense John Healey, qui a démissionné début juin en signe de protestation.

Le programme, qui prévoit des dépenses de près de 80 milliards de livres sterling par an d’ici 2029, sera présenté à Ankara lors d’une réunion de l’Otan les 7 et 8 juillet.

La Grande-Bretagne, qui entend respecter son engagement d’atteindre des dépenses de défense équivalentes à 3,5% du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2035, espère par ailleurs inspirer d'autres gouvernements.

Retardé de plus de neuf mois, ce plan est néanmoins jugé insuffisant et tardif par ses détracteurs.

RENFORCER LA DÉFENSE DE LA GRAND-BRETAGNE

"Alors que le monde s’arme et que les agressions se multiplient, la meilleure façon d’éviter la guerre est de s’y préparer ; la meilleure façon de se défendre est de dissuader — d’avoir la force de faire réfléchir vos adversaires avant qu’ils n’agissent", a souligné Keir Starmer lors d'un déplacement dans une entreprise du secteur de la défense, dans le sud de l’Angleterre.

"C’est ce que nous mettons en œuvre", a ajouté le Premier ministre démissionnaire, dans ce qui était probablement sa dernière annonce politique majeure.

À l’issue de discussions de dernière minute entre le ministère des Finances et le nouveau ministre britannique de la Défense, Dan Jarvis, Keir Starmer a déclaré que son projet provisionnait cinq milliards de livres sterling pour l'achat de drones et d'armes autonomes et la création d'une marine hybride.

Le plan d’investissement permettrait également de renforcer la force de dissuasion nucléaire britannique et de soutenir un programme visant à construire un avion de chasse furtif de nouvelle génération pour la Royal Air Force.

Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a salué le projet britannique, affirmant qu'il s'agissait d'un "pas dans la bonne direction pour atteindre l'objectif de 3,5% du PIB consacré à la défense, convenu à La Haye l'année dernière".

Les pays européens, sous la pression des États-Unis, sont convenus de consacrer 5% de leur produit intérieur brut à la défense d’ici 2035, dont 3,5% aux besoins essentiels de défense et 1,5% à la sécurité nationale au sens large.

Selon Keir Starmer, ce nouveau plan permettrait au Royaume-Uni d’atteindre 4,2% dans le cadre de cet engagement.

"À tous égards, il s’agit d’un tournant historique majeur pour notre nation et d’un héritage dont je suis fier", a-t-il estimé.

PAS À LA HAUTEUR

Avant même sa publication intégrale, ses détracteurs estimaient déjà qu’il n’était pas suffisamment ambitieux pour préparer la Grande-Bretagne à la guerre.

Le général Richard Barrons, ancien commandant du Commandement des forces interarmées, a ainsi estimé que la Grande-Bretagne resterait vulnérable, malgré ses progrès.

"Cela ne résoudra toujours pas le problème suivant : pour défendre le Royaume-Uni de manière suffisamment efficace et suffisamment rapide, il faut en faire davantage et plus tôt, ce qui nécessite plus d’argent que ce qui est actuellement prévu", a-t-il dit sur BBC Radio.

Des responsables de la défense ont souligné qu’il existait un déficit de financement de 28 milliards de livres sterling pour les quatre prochaines années, et que l’augmentation de 15 milliards de livres sterling étant insuffisante pour le combler.

Le chef du gouvernement a toutefois défendu les estimations budgétaires, précisant qu’une grande partie des dépenses supplémentaires proviendrait d’une réaffectation des crédits d'autres ministères.

"Certains projets d’investissement, par exemple dans les routes et l’énergie, qui sont importants mais pas d’une nécessité immédiate, ne se dérouleront plus comme prévu, mais il s’agit ici de faire les choix nécessaires, les bons choix pour protéger notre nation", a-t-il plaidé.

"Ce plan reflète notre meilleure appréciation de ce dont le pays a besoin pour faire face à la situation actuelle, et c’est une base sur laquelle, j’en suis sûr, mon successeur s’appuiera."

(Rédigé par Sarah Young et Elizabeth Piper ; version française Etienne Breban, édité par Sophie Louet)

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